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SIMARO MASIYA

Bon anniversaire Simaro Lutumba dit "le Messie"

Simon Lutumba Ndomanueno, dit Simaro Massiya, né à Léopoldville aujourd'hui Kinshasa, le 19 mars 1938, fête cette année 2008 un double anniversaire: ses 70 ans d'âge et ses 50 ans de carrière musicale.

Depuis ses débuts en 1958 dans le groupe "Mickra jazz" et son passage en 1959 dans l'orchestre "Congo Jazz" à côté du chanteur Gérard Madiata, de Raymond Braink ou Gaspy et son entrée, en 1961, dans l'orchestre "Ok-Jazz" à côté du Grand maître Franco Lwambo Makiadi, Simaro Lutumba continue à accompagner notre vie en musique avec les "Bana Ok".

Simaro est aussi un philosophie qui place l'existence et la société au centre de sa pensée. Nous pouvons dire aisément que Simaro Massiya appartient au courant des existentialistes au même titre que les français Jean-Paul Sartre, Etienne Marcel ou le danois Søren Kierkegaard. Musicien professionnel, Simaro utilise naturellement la musique et la poésie pour exprimer sa pensée philosophique. Son œuvre est tellement immense qu'elle touche d'autres domaines comme la sociologie et la métaphysique. Dans "Lifelo bisengo bisali te", il traite avec dérision la métaphysique sur l'existence sur terre et dans l'au-delà.

Poète, il utilise différentes formules de style dans l'écriture de ses chansons. Pensons aux métaphores utilisés dans "Mabele", lorsqu'il met en parallèle la flamme de l'amour et la flamme de la bougie. Dans les deux situations, il est question de larmes. La bougie pleure la douleur provoquée par la chaleur qui la consume jusqu'à sa perte. Il compare les coulées de la bougie aux larmes. Et l'humain verse les larmes suite à une épreuve sentimentale.

Observateur, Simaro s'inspire aussi des situations vécues. Toujours dans la chanson "Mabele", après avoir agrémenté le public endiablé du complexe culturel "Un - Deux - Trois", rentrant tranquillement chez lui dans la commune de Lingwala, un couple avec un bébé l'oblige à les prendre en auto-stop pour se rentrer à l'hôpital. Mais à leur arrivée, le médecin leur annonce le décès de l'enfant. Cette histoire vraie est évoquée dans la chanson en ces termes " Soso eleli e, soso ekolela ngoya. Soso ekolela e, bandoki bazongi ndako. Sima ya mwa ngonga, ntongo ekotana. Ntongo ekotana o, ndeko ya makambo. Basusu na bisengo, basusu na mawa. Wapi yo Mbole oo?…" (Le coq a chanté, le coq chante, hélas! Le coq chante, les démons regagnent leur demeure. Peu après le jour se lève. Le jour se lève, et avec lui bien des problèmes… Pour les uns, la joie. Pour les autres, la peine. Et toi, Mbolé, où es-tu?…)

Le Poète Simaro Massiya ne fait-il pas parler deux femmes dans "Faute ya commerçant" et dans "Nalembi".

   Faute ya commerçant  

    La faute au commerçant

 

Kadima, tala balingi kokunda nga mobesu

Nazali naino kopema, naino nakufi te o, mama

Kadima, mobali akabi nga cadeau na bambanda

Nazali naino na mayi na nzoto elenge o

Faute ya mbanda te, faute ya commerçant

Atekeli biso elamba ndenge moko, bampangi e

 

Commerçant ye ko'aluka na ye se mbongo e

Ngai na mbanda, tokokani e

 

Nzambe asala nga moke lokola tong' a masini

Mbanda abanga lolendo na ngai te o, Ima

 

Mao tala Kinshasa mobimba balali,

Ngai nazali se kotanga plafonds na canapé o

Mawanzo e

 

Kadi, mobali akabi nga cadeau na baleki

Bazalaki kobenga nga yaya na nzela ya zando e

Nasambwe o

 

Ngai namesana koseka, tala lelo nasiliki

Mbanda abanga kanda na ngai te, malole o

Taille ya mannequin, nga mwan' a Lomeka

Mobali asambwisi nga likolo ya vengeance…

 

 

Kadima, regarde, on veut m'enterrer vivante

J'ai encore du souffle, je ne suis pas morte.

Kadima, mon mari me livre tel un cadeau à mes rivales

Moi qui ai encore la fraîcheur de la jeunesse.

Ce n'est pas la faute de ma coépouse, mais celle du commerçant.

Il nous a vendu le même type de vêtement, mes amis.

Le commerçant ne cherche qu'à faire de l'argent

Et moi je suis devenue l'égale de ma coépouse.

Dieu m'a créée maigre comme une aiguille (de machine à coudre).

Mon orgueil n'impressionne même pas ma coépouse.

Mao, regarde, tout Kinshasa dort

Moi je reste éveillée sur le canapé en scrutant les plafonds, des soucis!

 

Kadi, mon mari m'a livrée tel un cadeau à mes cadettes

Qui me reconnaissaient comme leur aînée sur le chemin du marché,

Je suis déshonorée.

Moi qui suis de nature souriante, je suis fâchée à présent

Ma coépouse reste indifférente à ma colère, quel malheur!

(Malgré) mon allure de mannequin, moi la fille de Lomeka,

Mon mari m'a humiliée par vengeance…

 

          Nalembi        

            J'en ai marre           

…nalembi nakombombama o, nalembi e

Nalembi nakombombama o, nalembi e

Babangaka mbanda ndenge nini o, nalembi e

Babangaka yaya ndenge nini o, mama kulutu e

Mpo ngai mpe babala nga lokola yo, mama kulutu e

Mpo nga mpe nabota na ye bana, mama kulutu e

Respect ezali bowumbu te, ezali mpe faiblesse te.

 

Mikolo nyonso se kofingaka nga, nalembi e

Mikolo nyonso se kotindelaka nga, maloba mabe e

Ata na miso ya bato na kati ya zando

Okofinga ngai ndumba

Ata nazala te soki mpe tokutani

Okoluka se oswanisa nga

Etiki matanga, ekomi ya nga na yo, nalembi e

Mpo ngai mpe babala nga lokola yo,

Ata ofingi ngai ndumba,

Bana na yo na bana na nga

Tata moko e…  

J'en ai marre de me cacher, j'en ai marre.

J'en ai marre de me cacher, j'en ai marre.

Comment peut-on respecter sa coépouse, j'en ai marre.

Comment peut-on respecter son aînée, belle mère.

Moi aussi, j'ai des enfants avec lui, belle mère.

Le respect n'est pas une servitude ni un signe de faiblesse.

Tous les jours, tu ne cesses de m'insulter, j'en ai marre.

Tous les jours, tu m'envoies des méchants messages.

Devant les badauds, en plein marché,

Tu me traites de pute.

Que je sois présente ou pas à un endroit, dès que tu me croises,

Tu me disputes.

La veille funèbre se transforme à une affaire entre toi et moi, j'en ai marre.

Moi aussi j'ai été épousée tout comme toi,

Même si tu me traites de pute.

Tes enfants comme les miens

Ont le même père…

 

Musicien professionnel, Simaro Lutumba est aussi capable d'interpréter des chansons de ses confrères. Combien de fois l'ai-je vu interpréter des chansons de l'orchestre "African jazz". On croirait entendre Déchaud à la guitare rythmique. Lors d'une conversation avec lui à Paris non loin de la Place de la Nation, il m'a dit que les musiciens de sa génération devrait être capable d'interpréter toutes les belles chansons de la rumba congolaise qui sortait sur le marché du disque, pour être prêts à satisfaire le public lorsqu'ils devraient se produire dans un mariage.

Ce que beaucoup de ses admirateurs ne savent pas toujours, c'est que Simaro est parmi les premiers artistes musiciens à avoir accompagné celui qui allait devenir plus tard le Seigneur Tabu Ley Rochereau à la guitare. C'est un certain François Bikoko qui l'a conduit dans un lieu où Simaro Lutumba faisait des répétitions dans la commune de Saint-Jean, aujourd'hui Lingwala. Ces deux grands monuments de la musique africaines ne se réfèrent-ils pas à Jésus: le Messie, "Massiya",en lingala pour l'un et Seigneur pour l'autre.

Malgré ses 70 ans le 19 mars, le poète Lutumba Simaro Massiya continue à faire de la musique à plus de 50 ans de carrière. Va-t-il avoir une longévité artistique et personnelle comparable à celle de Henri Salvador ou de son ami Wendo Kolosoy ? "Mama ayebisaki ngai date nabotamaki. Kasi ayebisaki ngai te date nakokufa."  (Maman m'a informé de ma date de naissance. Mais pas celle de mon décès.)   Telle cette illustration qui n'est que virtuelle, pourquoi ne pas élever dès maintenant Simaro Lutumba au rang de Docteur honoris causa de l'Université de Kinshasa pour la philosophie développée dans son œuvre.

        Ecrit par : José NZOLANI dessins de : Serge Diantantu

  Cette exposition itinérante est ouverte aux écoles, bibliothèques, mairies, associations … sur simple demande de votre part.   

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Je suis très touché et vous en remercie de tout coeur au nom du mien propre et de mon association culturelle et orchestre KAP MUSIC  Sagesse exigée

 

Du courage Papa Serge Diantantu le Talentueux

 

J'ai des images de souvenir avec SIMARO MASSIYA et WENDO KOLOSOY que j'ai fait venir chez moi et Papa Wendo avait demandé à Simaro de tenir l'assiette d'eau pour qu'il puisse me bénir artistiquement et j'en garde et les conseils tant sur le plan spirituel et artistique j'en ai eu sur la personne Bibliothèque LUTUMBA SIMARO NDOMANUENO  MASSIYA le Poète accompagné de WENDO
 
BOSS YAKINI KIESSE

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Hi Serge, Je viens de decouvrir ton beau site a cette occasion. Tu as aussi le merite de nous apprendre ce jour a rendre homage aux vivants et reconnaitre le merite de leur travail. C'est le cas de Simaro.Il fait la jonction entre des generations, il est en lui meme une ecole, un artiste musicien complet...Joyeux anniversaire papa Lutumba. J-Mathieu, fan de la Rumba

Jean Mathieu Ndaliko

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MAIS OUI JE CROIS QUE SUIVANT LES MELODIES ET AUTRES CHANSONS  PRODUITES PAR LE POETE IL MERITE BEL ET BIEN CE TITRE DE HONORIS CAUSA. SI NOUS-MEMES ( AFRICAINS) O NOUS LE FAISONS PAS QUI LE FERÁ A NOTRE PLACE ?

 PEDRO KIALA

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Les humains ont la facheuse habitude de n'attendre le décès de quelqu'un pour lui chanter des louanges quand bien même il ne les mériterait pas.
  • Philosophe ? Il l'est à coup sûr au regard de la profondeur thèmes de ses chançons et surtout de la manière où il les développe. La philosophie ne s'exprime pas qu'en français ou en anglais. Au-delà du plaisir qu'elles procurent lorsqu'on les dance, les chanssons composées par le poète Lutumba, interpelle et font réflechir et à ce titre, on peut les écouter aisément à n'importe quel moment, seul ou en groupe.
  • Si aujourd'hui le poète-philosophe Lutumba se décidait de composer les chansons dites religieuses, croyez-moi que ces chansons là pulvériseraient tous les records.
  • Artiste ? Il l'est indiscutablement, et à double titre : guitariste et compositeur, bien qu'il n'ait pas le don de chanter. Peut-être que Dieu a estimé qu'il lui avait suffisamment donné. 
GEORGES KAZADI

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Salut Serge,
je tiens à temoignager une reconnaissance par rapport à votre soutien au Vieux Simaro, mon père.
Je te prie de considérer que la famille toute entiere est plus que contente de lire et voir cette illustration du vieux.
Merci encore et gardons contact.

Salomon LUTUMBA ( le fils de Simaro )

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Salut Serge,
 
Je viens de parcourir l'hommage rendu à notre poète national, Simaro, à travers tes magnifiques tableaux. Il n' y a rien de plus magnifique que ce regard d'artiste, plein de générosité et d'altruisme, porté par un style de peinture très personnel et flamboyant.
 
Je te sais gré d'avoir pensé à un monument de notre musique, qui se trouve être ton collègue artiste.
 
Au nom du respect et de l'admiration que j'ai pour les artistes, je te réitère mes meilleurs sentiments et te redis toute ma joie d'avoir découvert ta merveilleuse peinture.
 
C'est de ce cette qualité de travail dont je rêve pour la couverture d'un de mes récents livres (à sortir) que j'ai simplement intitulé:
 
"Sur les Berges du Congo, on danse la rumba",
 
dont je viens de terminer la rédaction. un hommge aux pionniers de la musique congolaise depuis les année 40 jusqu'au lendemain de l'Indépendance.
 
Cordiales salutations.
 
Manda Tchebwa

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Bonjour Serge,
 
Je suis remplie d'admiration par l'hommage que vous rendez au poète SIMARO MASIYA de son vivant. Ce qui est rare en Afrique contemporaine.
BRAVO à vous tous ! ! !
 
KOPERE kopere k.
Enseignant et membre du collectif SANKOFA ( Bruxelles )

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Mon frère Serge Diantantu

 
J'ai toujours été flatté par vos oeuvres, et aujourd'hui encore tu viens de me derangé avec votre propos écrit par Mr José Nzolani sélon lequel , il faut honoré papa Simaro Masiya comme docteur en philosophie.
Papa, moi personnellement je soutiens cette thèse, ce papa a beaucoup travaillé pour notre pays, et ces oeuvres sont très profondes à tel point que pour les comprendre, il faut sortir de ce monde d'existentialisme et entré dans cette dimension qui est  trop philosophique; pour comprendre le sens réel des paroles de cet artiste à dimension universelle mais malheuresement ces chansons sont souvent en lingala.
Quand je parle de la dimension Internationale, je vois la qualité de ces oeuvres et non sa renommée sur le plan international.
Merci pour tes analyses.
Salutations patriotiques et révolutionnaires.
 
Patriote Malu.

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Bonjour Ya Serge
Faisant suite à votre e-mail hommages à ma modeste personne sur Simaro Masiya et Martin Luther, je vous promets une petite réponse d'ici la fin de la semaine.
Mais en attendant, je tiens à vous dire que vous m'avez emporté dans un autre monde, celui d'hier quand j'étais encore à Kinshasa de kin kiese, studio maman Angebi, Kin Show etc ...
Combien je peux donc vous en vouloir mon grand Serge, ah ah si j'étais à vos côtés avec tout ce que j'imagine, oui comblé de joie qui plus est très immense de parcourir ces quelques lignes à cet hommage de ces illustres personnages socio-culturels, politiques.
Mon grand, je conseille de continuer dans ce chemin peut-être callouté pour jaillir les idées, et le résultat de votre sera bien entendu, une recompense d'une prix nobel de la culture dans le domaine dessin, l'art ou dramatique etc ... comme je vous avais dit il y a quelques jours passés, j'ai bcp à vous dire qui pourront être aussi semblables à quelques de vos idées, mais Dieu seul sait, quand et comment, nous pourrons nous retrouver dans une même sphère culturelle.
 
Merci et bonne compréhension et surtout bonne création et imagination infinie dans la culture africaine.
le vôtre 

Monsieur Richard, Directeur du CENA Pointe-Noire.

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